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La théorie de l’évolution en communication (Eric Dauchy)

La ‘Stad Amsterdam’ est devenu le vaisseau « Beagle » de Charles Darwin et fait momentanément le tour du monde pour le bien-être de la race humaine. Incontournable. Un plan de communication parfaitement réussi qui remporte cinq étoiles à chaque soirée de gala RP de la « haute communication ». Charles Darwin lui-même s’en faisait une toute autre idée. Sur son Beagle, l’homme souffrait constamment du mal de mer, à tel point que le capitaine FitzRoy a écrit dans sa correspondance personnelle : « Monsieur Darwin est tenaillé par l’alitement et le mal de mer chaque fois que nous naviguons. » Charles lui-même fut encore plus explicite : « Je hais chaque vague de l’océan », écrivit-il pour la postérité. « Je vomis, j’ai horreur de la mer et de tous les bateaux qui y naviguent. »

Heureusement pour lui, il a passé les trois cinquièmes de son voyage de cinq ans non pas en mer, mais sur terre – la plupart du temps chez des colons anglais de la noblesse – qui lui fournissaient alors l’accompagnement nécessaire pour ses expéditions terrestres. Un peu de Michael Palin avant la lettre.

Il fut reconnaissant de pouvoir utiliser le réseau mondial et très sophistiqué des colonies anglaises pour envoyer en Angleterre des tonnes de matériel amassé, à bord du navire suivant de la marine anglaise : DHL dans l’Angleterre de la reine Victoria.

N’entends-je pas quelqu’un murmurer Project Management, RP, ROI ? En effet. Darwin les avait dans ses valises avant de partir.

Le Beagle accosta par exemple dans les Malouines pour marquer une avancée politique sur les Argentins et eut pour mission de trouver des routes de transport rentables, de nouer des contacts commerciaux et d’exploiter autant que possible la combinaison de la colonisation et de l’industrialisation. Une mission couronnée de succès. C’est précisément à cette époque que l’empire britannique fut au sommet de sa gloire.

Kennedy avait la NASA et la Reine Victoria avait sa Marine pour montrer au monde qui se trouvait « sur le toit du monde ». Et la communication était un concept-clé pour vendre ce message au monde.

La ‘StadAmsterdam’ fait une nouvelle fois le voyage – sans trop d’arrière-pensées politiques. Et avec une belle mission : sous la forme d’un programme télévisé pour jeunes et moins jeunes, qui fait le tour du globe pour mettre en images la façon dont le monde se porte. C’est une initiative que nous soutenons de tout notre être. Il s’agit en outre d’un projet co-organisé par la Belgique et les Pays-Bas qui, grâce à ça, réussissent à imposer leur place sur la carte du monde. C’est bien aussi d’être reconnu comme tel.

Une petite note quand même: au départ de Plymouth, je lisais, amusé, un article de Reuters annonçant que des scientifiques anglais et américains allaient parcourir le monde en bateau en l’honneur de Charles Darwin. Pas un mot sur la contribution belge ou néerlandaise. Dans ce monde qui change sans arrêt, j’aurais trouvé aimable d’inviter au voyage des experts asiatiques. Au pays d’Internet, cela me semble normal. Question d’évolution.

Eric Dauchy
Global PR Consultant

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